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Le mythe du vampire ne date pas d’aujourd’hui, ni même de Bram Stoker. En effet, depuis peut-être le début de l’humanité, les créatures suceuses de sang ou de vitalité ont été craintes et/ou vénérées.

Qu’on les appele Vampires ou Strigoïs, Afrit ou Civatateo, les caractéristiques restent les mêmes et peuvent être décrites comme suit :

* goût imodéré pour le sang, l’energie vitale ou l’energie sexuelle
* immortalité ou longévité accrue
* tendance à la transgression des interdits culturels.

Certes, certains de ces vampires n’en sont peut-être pas et certains textes (notament les bibliques) sont sujets à interprétations. Mais ce site à pour vocation d’essayer de regrouper les informations concernants ce mythe pas de démontrer telle ou telle hypothèse.
Alors, aux thésards de les compiler et argumenter, moi, j’ai pas le temps et je suis pas payé pour.

Chauve-souris vampires en action

Voilà deux vidéos assez interessantes qui nous montrent des chauve-souris vampire en action. Elles sont en anglais, mais on comprend assez bien la fascination morbide que peuvent inspirer ces mammifères volants.

La première est un reportage sur des vampires tueurs d’enfants. Très sensationnaliste, on se croirait sur un reportage TV de M6/TF1, avec plein de bruitages et  de phrases chocs (pour pas grand chose).

La deuxième est beaucoup plus rigolo mais assez gore. Méfiez-vous si vous aimez les gentils petits Babe.

Dublin

Je pars dans 1 heure me ressourcer quelques jours à Dublin, patrie du Leprechaun, de [Bram Stoker->48] et d’Oscar Wilde.

Alors, je penserais à tous mes lecteurs en buvant une bonne guinness ce soir vers 10h.

Et je plaindrais tous ces cons de français pauvres qui ont voté [petite crotte->83] ce soir vers 11h. Non seulement ils sont pauvres mais en plus ils sont cons…

Pour l’occasion quelques citations sur cette très sale, vieille et pourtant si géniale ville (dirty old town).

When I die Dublin will be written in my heart.

James Joyce

Night fell clean and cold in Dublin, and wind moaned beyond my room as if a million pipes played the air.

Patricia Cornwell

Dublin university contains the cream of Ireland: Rich and thick.

Samuel Beckett

(et un jour, je vous raconterais comment je me suis fait chopper par les flics au Trinity College – et oui, l’université de [Bram Stoker->48], quelle honte Cyroul…)

Les pouvoirs du vampire

Le vampire est mythique et comme tout mythe qui se respecte, il a des pouvoirs qui dépassent les capacités humaines.
Ces pouvoirs viennent des légendes anciennes, mais aussi des fictions modernes.

Voici un petit tour des pouvoirs vampiriques du vampire.

pouvoirs vampiresCapacité à changer de forme

Formes animales :
Loup, Chauve-souris, Rat, Chat, Chouette, Hibou, Renard, Blaireau, Corbeau, Araignée, Scorpion, Mouche…

Objets inanimés
Brouillard, halo de lumière voir même une boule de poussière que l’on trouve sous son lit (typique du Chiang-Shih chinois)

Dans certains mythes, le vampire a une forme inhumaine et il se change en humain (Lamia, Bejang, …).

Pouvoirs physiques

Force, rapidité et perceptions sensorielles accrues par rapport aux humains.

Pouvoirs mentaux

Capacité à invoquer et de contrôler des animaux. Particulièrement des rats et des [loups->mot89].

Contrôle de l’esprit. Peut commander aux mortels, pétrifier de peur d’un seul regard ou provoquer des amnésies selectives.

Capacité à contrôler le climat, à invoquer des nuages, de la pluie ou du brouillard.

Capacité à commander à des être mystiques ou magiques, renforçant l’idée implicite que le vampire est lié avec des entités maléfiques.

Roumanie

carte-roumanie2La Roumanie est un pays de l’est de l’Europe, bordé par la Hongrie, l’Ukraine, la République de Moldavie, la Bulgarie, la Serbie et la mer Noire.

Le territoire de la Roumanie d’aujourd’hui s’est constitué au cours de l’histoire à partir de trois régions de l’espace carpato-danubien, chacune avec son histoire et sa tradition, et qui correspondent aussi aux anciennes régions historiques médiévales :

  • La Moldavie
  • La Valachie composée de l’ Olténie au sud-ouest et la Munténie au sud-est et la Dobroudja au sud-est, au bord de la mer.
  • La Transylvanie composée de l’Ardéale (où se trouve le château de Bran), une partie du Banat au nord-ouest, une grande partie de la Crisana à l’ouest et la Marmatie au nord.

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Bref résumé du mythe vampirique

La peur d’un monstre assoiffé de sang remonte à l’Antiquité. Les Grecs craignaient les lamies, stryges, quant aux Hébreux, ils croyaient en [Lilith->mot3], la première femme d’Eve. Ces divinités féminines avaient le pouvoir de vider les jeunes hommes de leur sang et de les dépouiller de leur virilité.

C’est au Moyen Age que les premières rumeurs de cadavres sortant de leur tombes commencèrent à se répandre et ce, jusqu’au XVème siècle. On leur attribuait le pouvoir de tuer à distance ou de provoquer des épidémies de peste dans un premier temps. Plus tard, il prit la forme du vampire tel que nous le connaissons.

Alors que le vampirisme à proprement parler débuta avec le renforcement de l’autorité ecclésiastique, il explosa lors des épidémies de peste.
Cela s’explique par des faits réels :

L’Eglise appuya le mythe du vampire afin de renforcer son autorité, elle le considéra comme un démon à mettre sur le même plan que Dieu et le Diable. Lors des épidémies de pestes, face au nombre titanesque de décès, la mort du corps n’était pas toujours vérifiée et les cercueils construits à la hâte, lorsque les cadavres n’étaient pas jetés dans la fausse commune. Par conséquent, il n’était pas rare de voir des morts se relever.

Erzsébet Báthory

erzebeth bathoryErzsébet Báthory Nádasty
1560 – 1614
de sinistre mémoire

Tout amateur de vampire qui se respecte a déjà entendu parler de ce monstre national hongrois rendu célèbre par ses actes de cruauté. Les orgies sanguinaires que Bathory orchestrait en son sombre château valurent en effet à cette criminelle de haute lignée (elle était la nièce du futur roi de Pologne) le surnom de «bloody lady » : elle appartient au domaine vampirique au moins autant que Gilles de Rais ou Vlad Tepes.

Ah la famille…

La moindre des choses qu’on puisse dire, c’est qu’Erzsébet n’est pas née dans une famille de saints. Etant de sang royal, celle-ci se permettait des dérives, parfois criminelles. Les plus lointains ancêtres, sans doute les Huns, s’étaient d’ailleurs imposés en maîtres en faisant couler le sang à flots. D’eux, la famille garde des traditions et rituels occultes, un mode de pensée loin de la moralité catholique, bien qu’elle soit de confession chrétienne. Citons un frère attiré tant par les petites filles que par les vieilles dames, une tante grande dame de la cour de Hongrie défrayant la chronique à cause de ses mœurs lesbiennes auxquelles elle initiait de tendres fillettes. Il ne fait pas de doute que la nourrice de la petite Erzsébet a exercé une influence sur elle. Cette femme pratiquait la magie noire et des rituels pervers : on verra réapparaître ce personnage plus tard.

L’enfance d’Erzsébet

bathory comtesseC’est au milieu de cette charmante famille à laquelle les Adams eux-mêmes n’auraient sans doute pas aimé avoir affaire que grandit Erzsébet, élevée plus particulièrement, comme c’était la tradition, par sa future belle-mère qui l’assomme de saintes lectures et de prières. Or on voit l’effet que produisent les récits de la crucifixion et autres transcendants passages de la Bible sur certaines âmes. Pensons à la charmante Polyxena (elle aussi en découd avec une hérédité sanguinaire) de Meyrink dont la frénésie religieuse la rend hématophile… mais je m’égare. Elle a quatorze ans lorsqu’elle accouche, dit-on, d’une fille certainement issue de sa liaison avec un paysan. Sa vie sexuelle démarre donc assez tôt et sera d’emblée liée à la perte d’un enfant. A ce moment, elle était déjà fiancée à Férencz Nàdasdy, un comte appartenant à la meilleure noblesse hongroise, redoutable guerrier qui devint illustre et mérita, par la suite, le titre de “cavalier noir de la Hongrie”. A quinze ans, Erzsébet se marie. Nàdasty étant la plupart du temps à la guerre, c’est de fait elle qui gouverne l’austère château de Csejthe et ses vastes domaines. Nous n’en savons guère plus sur l’enfance de Bathory, sinon qu’elle était d’une nature solitaire et sujette à de fréquentes crises d’hystérie, encore tout cela est-il sujet à caution : cette période de sa vie, genèse de l’histoire de la plus fameuse tueuse en série de tous les temps, a été rendue (comme le reste), à jamais opaque et énigmatique, mais fascinante, par l’œuvre séculaire de l’imagination populaire.

Sa carrière criminelle

Tout commença, paraît-il, de la manière suivante : alors que la comtesse Bathory giflait une de ses domestiques qui lui avait malencontreusement tiré les cheveux, cette dernière se mit à saigner du nez et le sang rejaillit sur la main aristocratique. Quelques instants plus tard, elle découvrait sous le sang qui avait tâché sa main une peau devenue plus jeune, plus douce et plus blanche. Ni une, ni deux, elle fit égorger sa servante, aidée de son ancienne nourrice, Ilona Joo, devenue, depuis, son âme damnée, afin de prendre un bain de sang.

Comme l’expérience fut probante, mais son résultat passager, elle recommença avec d’autres jeunes filles qu’elle appâtait, avec l’aide d’Illona, d’une autre mystérieuse sorcière et de son nain Flisko, en leur faisant briller un poste de domestique au château ou par la menace, l’intimidation, les promesses d’argent, raffinant progressivement l’art de la mise à mort. Erszébet fit ainsi fabriquer un charmant jouet appelé vierge de fer que l’on trouve habituellement dans les salles de torture de l’Inquisition, sorte de statue qui se mettait à sourire lorsque ses bras embrassaient sa victime, la transperçant des cinq poignards qui lui tenaient lieu de seins.

Dame de fer nurmeberg bathoryCes atrocités sont perpétrées pendant environ une décennie avant sa mort, mais en réalité, son goût prononcé des supplices avait commencé de s’exprimer bien plus tôt, alors que son mari était encore de ce monde, comme peuvent en témoigner les actes de son procès. Bien qu’à cette époque, elle n’allât pas jusqu’à tuer ses victimes, cette virtuose es barbaries a-t-elle jamais été novice en matière de cruauté ? Le comte Nadasty, qui était au courant, ne se préoccupait pas outre mesure que sa femme noircisse à force de coups la peau des domestiques.

La comtesse employait plusieurs autres techniques pour recueillir le sang des jeunes filles, le plus souvent belles et vierges. Elle leur perçait la gorge, véritable vampire humain ; les engraissait, pensant que la quantité de sang augmentait en conséquence. On raconte même qu’après s’être baignée dans le sang fumant des vierges, elle demandait à des jeunes filles de lécher minutieusement tout son corps, prétendant que la rugosité du tissu agressait sa peau délicate.

Au cours de sa carrière criminelle, elle tortura et assassina des centaines de filles, on estime généralement un nombre de victimes supérieur à six-cent. Ce n’est pas pour ces victimes qu’on l’a arrêtée, mais parce que, folle de rage, elle assassina quasi publiquement une jeune soprano qui n’osait pas chanter devant elle. Pour châtier les deux femmes complices, on leur trancha le poing, puis on les brûla vives ; le nain Flisko subit la même amputation avant d’être privé de sa tête (était-ce de l’humour noir de la part du juge d’ordonner de raccourcir le nain ?). Quant à la sanglante comtesse, eu égard à son rang, elle fut emmurée dans l’un de ses châteaux, où elle décéda trois ans plus tard.

La beauté d’Erzsébet – Dracula et Erzsébet

Dans les rumeurs et, peut-être, les fantasmes qui nous parviennent, la comtesse était une très belle femme au teint de porcelaine laissant apparaître de fines veines par transparence. Cela correspond au canon de l’époque… et à la beauté vampirique décrite dans les romans. En réalité, un étrange mystère plane quant à sa véritable apparence physique. Plusieurs portraits la représentent, mais tous diffèrent : l’original a disparu et nous ignorons laquelle des versions est une copie du portrait original… si jamais il y en a une. Dans le manuscrit de Stoker, retrouvé dans les années 1970 par Raymond McNally, on peut lire le projet d’un épisode qui n’apparaît pas dans le roman, où un artiste est engagé pour faire le portrait de Dracula, mais le peintre n’y parvient jamais : le sujet finit toujours par ressembler à quelqu’un d’autre. Les similitudes de ces anecdotes sont troublantes, ne trouvez-vous pas ? D’ailleurs, Jacques Finné tente de démontrer qu’un lien de parenté existe avec le Dracula historique. Pour tortueuse et difficilement vérifiable, cette hypothèse n’est pas totalement invraisemblable.

Trois des portraits de Bathory; les spécialistes ne s’accordent pas : Penrose donne le deuxième comme l’original, mais Mac Nally mise sur le troisième…

Bathory1-5dea4bathory erzebethbathory Elisabeth

La femme

Erzsébet était un monstre qui profitait de sa position sociale pour matérialiser ses fantasmes morbides, mais pas seulement. Outre sa beauté, ce qui rend la terrible comtesse magyare fascinante, c’est qu’elle était une femme intelligente, qui a su manipuler et s’entourer d’étranges serviteurs fidèles tout droit sortis des enfers. Elle était cultivée, avait des connaissances ressortissant de cultes païens aussi bien que chrétiens ; polyglotte, elle se mêlait de politique et gérait plusieurs châteaux avec leurs domaines. Elle était peut-être aussi bisexuelle (il me semble de toute façon assez clair que ses crimes avaient un fondement d’ordre sexuel) : une femme déguisée en homme venait souvent lui rendre visite.

Vampire ou pas vampire ?

Au sens propre, a priori, non. Elle a bel et bien assassiné des centaines de jeunes filles, mais elle n’était pas cannibale et, vraisemblablement, malgré la légende, n’a pas pris de bain de sang. Tout comme Vlad Tepes mangeant des bouts de pain trempés dans du sang tient certainement du mythe. Mais qu’est-ce qui fait qu’on s’en souvient ? Les faits ou ce qu’on en retient, leur symbolique ? Le peuple, les romanciers et les cinéastes choisissent évidemment la deuxième option.

Au niveau de la symbolique, on est servis : sang, sexe, mort ; c’est la devise du vampire. Ajoutons à cela que la comtesse sanglante était à la recherche de la jeunesse éternelle et que lors de son arrestation, il est dit qu’on ne put que contempler une femme étonnamment belle et fraîche pour son âge, ce qui accentue en plus son côté femme fatale, inhérent aux femmes-vampires de fiction.

Une autre histoire nous parvient concernant un sombre personnage, un jeune homme au teint cadavérique, nommé Cadevrius Lecorpus. Il était vêtu de noir, ses yeux étaient d’obsidienne et de longs cheveux de jais encadraient son visage pâle. Les servantes de la comtesse allèrent jusqu’à raconter qu’il possédait des canines anormalement aiguës (l’anecdote a donc sûrement été inventée tardivement, puisque le vampire n’est muni de canines que depuis notre période romantique).

Remarquons encore qu’Erzsébet appartient à la haute aristocratie, comme c’est très souvent le cas pour les vampires de la littérature. Ainsi, Carmilla, la charmante créature aux penchants homosexuels dans le premier roman vampirique, est une comtesse. Aussi qu’elle est slave, comme il est de tradition que les vampires le soient, et que sa légende est quasi inséparable de son château de Csejthe où elle a perpétré grand nombre de ses forfaits et où elle fut emmurée, comme on ne se souvient pas de Dracula sans se rappeler de son château qui lui survit également. Dernière considération : elle était initiée aux sciences occultes, ce qui était aussi le cas de Dracula, que Stoker via Van Helsing nous décrit comme un des plus savants de son temps, ayant même participé à la mythique Scholomance, école généralement située en Transylvanie, où les leçons étaient prodiguées par Satan en personne.

Fiction

Comme de juste, Bathory a inspiré un certain nombre de romanciers, voici les principaux :

  • La Comtesse sanglante, de Valentine Penrose, le mieux écrit.
  • La Comtesse de sang, de Maurice Périsset, plus récent, mais reprenant à peu de choses près la même trame, en moins bien écrit.
  • Les Archives de Dracula, de Raymond Rudorff, dont Bathory n’est pas l’unique personnage principal.
  • « Sanguinarius », de Ray Russell, une brillante nouvelle.

Ouf, Erzsébet n’a pas encore inspiré de comédies musicales (j’espère ne pas donner d’idées), mais deux opéras rendent hommage à la féroce châtelaine :

  • Erzsébet : opéra pour une femme seule en six moments lyriques, de Ludovic Janvier et Charles Chaynes, représentation à l’Opéra de Paris en 1983
  • Erzsébet, de Dennis Bathory-Kitsz où l’auteur a choisi de mettre en perspective le personnage de la soprane assassinée et les relations d’Erzsébet avec ses complices. Vous pouvez en apprendre plus en consultant le site du compositeur : http://bathory.org (en anglais avec une page en français qui a paru aussi dans le Requiem n°7).

Les films :

penrose valentine Sources

  • Site de l’auteur d’un opéra sur Bathory, peut-être un descendant de la comtesse : http://bathory.org .
  • L’article de la Wikipédia consacré à la comtesse.
  • Le Livre secret des sorcières, Katherine Quenot, Albin Michel, 1997
  • Grand dictionnaire universel du XIXème siècle, Larousse
  • Vampire, portrait d’une ombre, collectif, sous la direction de Léa Silhol, éditions Oxymore, 1999
  • Les Maudits, Jacques Finné, Marabout, 1974
  • Requiem, les archives du vampirisme n°7 (avril-juin 1998), « Erzsébet Bathory, la comtesse sanglante », Cercle d’Etudes Vampiriques
  • perisset comtesse de sangLa Nuit de Walpurgis, de Gustav Meyrink, dont les éditions Flammarion ont eu l’excellente idée de nous offrir une nouvelle traduction en 2004. Ce chef d’œuvre ésotérique du fantastique pragois met en scène Polyxena, une figure de femme-vampire des plus fascinantes associée au mythe de la femme slave, vampire humain s’identifiant au portrait d’une lointaine aïeule. Et oui, encore une histoire de portraits.

« S’il est vrai qu’essentiellement “diabolique” signifie la coïncidence de la mort et de l’érotisme, pourrions-nous manquer si le diable n’est à la fin que notre folie, si nous pleurons, si de longs sanglots nous déchirent – ou si le fou rire nous prend –, pourrions-nous manquer d’apercevoir, liée à l’érotisme naissant, la préoccupation, la hantise de la mort ? »
Georges Bataille, « Les Larmes d’Eros »

La chauve-souris vampire

chauve-sourisJ’adore les chauve-souris. Surtout les roussettes. On dirait de petits lémuriens oranges à ailes noires. Bon d’accord, elles puent (pouah, une horreur !), mais elles sont bonnes à manger (si, si) une fois qu’on s’habitue à l’odeur pestilentielle.

Mais as-t’il donc rencontré ces roussettes ? vous demandez-vous d’une voix chargée d’émotion. Et bien, réponde-je dans la magnanimité qui me caractérise, sur les belles îles des Comores où les arbres immenses accueillent des foules entières de ces magnifiques mammifères volants. On entend leurs cris aigus dans tous les coins et il n’est pas rare de voir de fantastiques oiseaux de plus de 1 mètre d’envergure vous passer au dessus de la tête pour s’apercevoir ensuite qu’il s’agissait de roussette géante.

Je tiens aussi à rappeler en passant que c’est uniquement sur les magnifiques (et encore presque préservées de la folie des hommes) îles d’Anjouan et de Mohéli que l’on retrouve la grande roussette noire (la roussette de Livingstone), une roussette géante (peut atteindre les 3m d’envergure) aujourd’hui en voie de disparition (elle aussi)…

Bon mais là n’est pas notre propos, car il faut savoir que l’ordre des chiroptère comprend 950 espèces : les vampires (suceurs de sang), les pipistrelles (insectivores) et nos fameuses roussettes (fruitivores).

La chauve souris vampire

chauve souris vampireCelle qui nous intéresse ici c’est la chauve-souris vampire qui se retrouve en Amérique centrale et du sud. C’est le seul mammifère à se nourrir exclusivement de sang comme notre mort-vivant préféré.

Sa salive contient une substance anticoagulante qui empêche la cicatrisation de la blessure. Mais n’essayez pas ça chez vous, car sa morsure peut transmettre la rage.
Elle attaque le bétail, chevaux, ânes, porcs; mais rarement l’homme.

Le vampire (avec ses cousines roussettes) gagne le record du son le plus aigu. Ses cris atteignant une fréquence de 20000 à 130000 vibrations/seconde.
Par contre il est battu par le dauphin dans la réception des sons. Il ne capte que les fréquences de 120000 à 210000 Hz. Le dauphin allant jusqu’à 280 000 Hz. (in Quid)

Il existe 2 espèces de vampires

  • D’Azara chauve souris hématophage de 7-10 cm (15à50g). S’attaque aux gros herbivores, parfois aux hommes. arrache un petit lambeau de peau et aspire le sang (boit environ 3 cl de sang par nuit). Gestation : 90/100 jours.
  • Faux vampire chauve souris carnivore de 15-20cm (140-190g).
  • On évoque aussi la présence de la Desmodus Draculae qui serait la chauve-souris géante. Des ossements auraient été découverts en 1988 dans une grotte du nord du Venezuela. Cette chauve-souris serait 25% plus grande que les autres. C’est elle qui serait à l’origine du culte Maya de Camatzotz, le dieu chauve-souris.
    La Cryptozoologie continue à essayer de percer le mystère de l’existence de cette créature. Pour en savoir plus, consultez cet article très complet sur Desmodus Draculae sur criptozoologia.org.
  • Fétiche Ambita, d’Havana

    Mélange effrayant d’humain et de chauve-souris…

    En recherchant des vampires dans toutes les régions du monde, je suis tombé sur Ambita. Ambita n’est pas vraiment un dieu, mais plutôt un esprit. Nous rentrons ici dans le monde du Vaudou et, entre nous, je n’aime pas rire quand on parle du vaudou…
    C’est pour cette raison que cet article n’est qu’une traduction d’un article d’un anthropologue sur le sujet. Les noms qui sont évoqués dans cet article sont ceux de divinités du vaudou. Elles portent des noms différents suivant leur origine (Vaudou de Cuba ou Macumba du Brésil).
    Mais bon, comme je n’aime pas parler de ça (y’a des trucs dangereux dans la vie), je vous laisse vous renseigner tout seuls, comme des grands. Faites gaffe quand même… Continue reading Fétiche Ambita, d’Havana

    Vampires Précolombiens et culte des chauve-souris

    En Amérique du Sud existe le plus connu de toutes les mammifères volants, la chauve-souris vampire. Cette créature a donné naissance à des mythes qui ne sont pas sans rappeler les légendes africaines de suceurs de sang.
    Petit aperçu des croyances pré-colombiennes et notamment des Civatateos et les Camazotz.
    Continue reading Vampires Précolombiens et culte des chauve-souris